Semaine 16 : La lumiere au bout du tunnel...

Publié le par Manon

Ah oui, alors j’ai oublie de raconter quelques trucs de Mfangano Island. J’etais en train de faire une sieste tranquille, dans le jardin, alors que le fils de George, mon guide, jouait a cote de moi. Sauf qu’il joue a des jeux dangeureux, son fils. D’abord, il s’est ramene avec un enorme couteau de cuisine et s’est mis a couper des citrons, au dessus de moi, avec son couteau de boucher. J’ai vu ma vie defiler. Le gamin, il ne parle pas anglais, mais il a tres bien compris que je lui ordonnais d’aller ranger son couteau tout de suite dans la cuisine. (Il a 5 ans). Puis il a fait semblant de s’etouffer avec une bille. J’ai eu un instant de panique pendant lequel j’ai regrette de ne pas avoir fait de séance de rappel des premiers secours, avant de comprendre qu’il etait en train de me faire une blague. Ah, genial la blague, j’adore.

Je crois que si je deprime comme ca depuis le retour de Mfangano, c’est le choc de passer de l’Aventure avec un grand A (j’ai meme pu retourner mes culottes, ce qui selon moi est la definition meme de l’Aventure…bah oui, je pensais partir 3 jours, pas 6…!) au neant. A chaque retour de week-end (Kisumu, Nairobi, etc…) dans mes montagnes, j’ai eu le meme coup.

Speciale dedicace pour Lise et son prochain voyage a Bali, voici la liste de ce que contenaient mes sacs pour mes 6 jours sur Mfangano Island :

Un sac a main avec :

  • Appareil photo
  • Copie du passeport
  • Aspi-venin
  • Bouteille d’eau
  • PQ
  • Medoc contre la malaria
  • Pschit anti-moustique

Une pochette ceinture sous mon fut :

  • Passeport
  • Fric
  • Carte de credit

Un petit sac a dos :

  • Sac de couchage
  • Tente
  • Maillot de bain
  • Serviette de bain
  • UN tee-shirt de rechange
  • UN pantalon de rechange
  • Des tongs
  • UNE paire de chaussette de rechange
  • UN pull polaire
  • UN k-way
  • (oui vous avez bien lu…pas de culotte de rechange… : j’avais mon maillot de bain…)

Sur moi :

  • Des sous-vetements (eh oui)
  • Un pantaloon
  • Un tee-shirt
  • Mes pompes de rando

ET C’EST TOUT !!!

Un autre truc drole, George m’a raconte qu’une fois par an, sur l’ile, avait lieu une sorte de competition sportive, comprenant un traditionnel tournoi de football, mais aussi des epreuves un peu plus speciales… : de type americaines (manger le plus vite possible un pain de mie en entier – la version pauvre de l’epreuve des hamburgers-hot-dog), et des epreuves plus africaines : pour les homes : course en barque sur le lac, et pour les femmes, course avec une bouteille d’eau sur la tete (veridique). J’aimerais bien voir ca…!

Lundi :

Passe trois heures sur internet, a ecrire mon blog, entre autres. A la base, je voulais attendre de squatter un ordinateur a Bunyore ou Mukumu, l’une des deux ecoles dont je connais les profs de francais. Mais vu que je n’ai toujours pas de reponse du prof de Bunyore, et que je n’ai rien d’autre a faire qu’ecrire mon blog, bon, tant pis, j’allonge le fric pour squatter au cyber. Non mais serieux il est con ce prof, je lui demande quand je peux passer pour lui rendre ses livres (et en emprunter d’autres…), utiliser un ordinateur, et SI IL VEUT rencontrer ses eleves, il me repond qu’il est en train d’organiser une rencontre avec ses eleves et qu’il me tient au courant. Non mais il n’a pas compris que j’en avais rien a foutre de ses eleves et que moi tout ce qui m’interesse, c’est de squatter son ordi gratos ?!

Pour me remonter le moral, après le cyber, je m’offre des frites, que je mange sur le bord de la route, comme une SDF. Ca va déjà mieux après ca. Je vais peut-etre devoir m’acheter des frites tous les jours pour tenir jusqu’au bout.

Mardi :

Aujourd’hui, rien. Comme c’est etonnant !

Je creve la dalle. Ce midi, j’ai bouffe en tout et pour tout UN mandazi, et UN soda. En France, quand on dit qu’il n’y a rien a bouffer, on peut toujours trouver un fond de riz ou de pates dans le placard. Ici, quand il n’y a plus de farine, ben tu ne peux faire ni ugali ni porridge. Donc je creve la dalle.

Et en plus de crever la dalle, je me fais chier. Et il pleut. Voila donc le moment de realiser l’idee soufflée par Julie, a savoir, creer un monopoly Kenyan. Je sors donc une feuille de mon bloc a dessin (qui aura peu servi…), et mes crayons aquarelle, et me met au travail. Ca m’occupe une bonne heure, pendant laquelle je m’eclate a inventer des noms de bar-restaurant et hotel en rapport avec l’Afrique.

Mercredi :

Rien. Bien sur.

Du coup je vais au cyber, taper mon prochain article pour cosmo. Je passe 4 heures sur internet. J’en profite pour envoyer un petit mail sympathique a Oneka, le responsable de KVDA, l’organisme qui gere les volontaires au Kenya. Oui parce que, la grosse blague, hier soir, Ruth me dit que depuis que je suis arrivee, fin janvier, elle n’a recu qu’un mois et demi de “salaire” pour ma bouffe. Ce qui veut dire que cela fait deux mois et demi qu’elle me nourrit de sa poche. Non mais je reve la ???! Ils sont passes ou les 800 euros que j’ai donnes a Nairobi en arrivant ??! Je comprends mieux maintenant qu’ils puissent s’acheter tous les quotidiens qui existent et qu’ils passent la journee a lire leurs journaux en sirotant du the !!! Jcomprends mieux aussi pourquoi Ruth me fait des allusions constants pour que je ramene des trucs du marche, et pourquoi en fevrier je bouffais un tant soit peu diversifie (beans, lentilles, riz…) alors que depuis mars, c’est ugali et chou a tous les repas ! Et je comprends mieux aussi pourquoi parfois, tout ce que j’ai a bouffer le matin, c’est une pauvre tartine toute rassie, et le midi, du the ou du porridge (rappel : de la farine de mais diluee dans de l’eau bouillie) !!! C’est un scandale. Donc bien sur, Oneka m’a repondu qu’il fallait que je vois avec Rose, la meuf de KVDA qui est basee a Kisumu (la connasse qui a mis trois heures pour m’envoyer l’adresse de son “hotel” la fois ou je suis allee passer le week-end a Kisumu avec Stella). Bien sur, j’appelle Rose, elle ne me repond pas. Apres avoir essaye de l’appeler 3000 fois, enfin, elle finit par repondre. Et me dit qu’elle va regler le probleme directement avec Ruth. Le soir, donc je demande a Ruth si Rose l’a appelee, et Ruth me dit “ oui mais ne t’inquiete pas, n’appelle plus ni Rose ni a Nairobi, tout va bien, ne t’inquiete pas”, mais elle me dit ca l’air terrorise, au bord des larmes. Voila donc pour moi c’est clair que c’est Rose qui s’en est foutu plein les poches, illustration concrete de la corruption de ce pays. Le pire, c’est que concretement, a part les menacer de leur faire une sacree pub en rentrant, et de prevenir l’organisme de Bruxelles pour qu’ils arretent de leur envoyer des volontaires, je ne peux pas faire grand-chose.

En sortant du cyber, je vais a nouveau bouffer des frites. La je tombe sur mec bavard seminaire, qui me supplie d’aller discuter au bar. Enfin discuter. Je l’ecoute parler pendant une heure. J’ai l’impression d’etre son psy. Parfois on dirait qu’il se parle a lui-meme, et qu’il est captive par ce qu’il raconte, completement dans son monde. Il me dit que grace a nos discussions (Laisse moi rire), il a beaucoup avance dans ses recherches (sur le developpement de l’Afrique…), et qu’il n’a jamais ete aussi proche d’une Mzungu, que les gens pensent toujours a demander du fric aux blancs, mais que lui sait qu’on a autre chose a apporter. Qu’il ne faut jamais reclamer. Que s’il peut faire quoi que ce soit pour moi, hormi voler ou tuer (la j’ai l’impression d’etre Arya dans Games Of Thrones), que je n’hesite pas a lui dire. Et finalement, il me dit que ce serait cool si je pouvais acheter un ballon de foot pour les gosses de sa communaute. Et voila. Qu’est-ce que tu disais mon gars, il y a a peine 5 minutes ? Faut pas reclamer, tu te souviens ? Je me disais aussi que c’etait trop beau qu’en 4 verres au bar, il ne m’ait encore jamais rien demande. J’avais tellement raison. On ne peut pas etre ami avec les gens, ici. Vous allez peut-etre me trouver raciste, mais franchement, les gens sont forcement interesses. Ca me degoute. Je ne responds rien. Il me dit qu’il regrette de m’avoir demande ca, mais que ce n’est pas pour lui qu’il demande, mais pour les gosses. Non mais ce n’est pas le probleme…

La seule qui echappe plus ou moins a ce jugement, pour l’instant, c’est Rebecca. Tout a l’heure, on est descendues ensemble de la montagne. J’eternue, et la, elle me sort “a tes souhaits”. Je debloque. J’ai du lui dire une fois comment on disait, et il y a des lustres, et elle s’en souviens. Moi on peut me repeter un mot quarante fois, je ne le retiendrai jamais !

Jeudi :

Aujourd’hui, si on me demandait “qu’est-ce que le Bonheur ?”, je repondrais “c’est bien manger”. Demain, je vais a Kisumu pour parler sur Skype avec la fille de l’organisme de tourisme equitable en France (et oui, ca fait trois mois qu’on discute de l’eventualite d’un projet…) et pour passer le week-end avec George (mon guide), chez sa soeur. Quand il me l’a propose, j’ai un peu hesite, je trouvais ca “bizarre”, mais je me fais tellement chier, que je me suis dit que ca m’occuperait un peu. Et qu’en plus, j’allais surement bien manger (puisque je serai consideree comme “l’invitee d’honneur”). Bref, j’ai dit oui. Je vais donc profiter d’etre a Kisumu vendredi midi, avant mes sessions skype, pour aller dans mon resto prefere, un resto pour riches ou mzungus, avec un menu “occidental”. Et donc la question qui me taraude toute la journee, c’est “ vais-je commander un steak-frites, ou un hamburger-frites ?”. Qu’est-ce qu’ils ont le moins de chances de rater ? Le steak, si c’est un beau morceau et s’il est bien cuit, c’est orgasmique. Mais jusqu’a present, les rares fois ou on m’a servit du boeuf, c’etait absolument degueulasse. Donc j’ai un peu peur. Quant au hamburger…est-ce que c’est un vrai steak hache ou un “faux” ? Et ils mettent quoi d’autre dedans ? Et le pain, c’est quoi ? C’est un choix decisif, important, qui demande mure reflexion (et qui m’occupe donc toute l’apres-midi).

Depuis que je suis rentree de Mfangano Island, je ne quitte plus ma pochette-ceinture (qui contient mon passeport, ma carte de credit, mon fric, et la carte memoire de mon appareil photo). Grosse parano. Je me dis que maintenant que je vois enfin la lumiere au fond du tunnel, je ne veux surtout pas risqué de devoir rester a Nairobi des semaines et des semaines a attendre l’arriver d’un nouveau passeport, parce qu’on m’a vole l’ancien. Oui parce que la gentile madame de l’ambassade de France de Maputo, au Mozambique, m’a bien precise en me donnant mon passeport d’urgence (en juillet 2011), que chaque citoyen francais a le droit a un passeport d’urgence UNE SEULE FOIS DANS SA VIE. Et comme je n’ai pas trop envie de rester coincee au Kenya, et de rater l’enterrement de vie de jeune fille de ma soeur, ESL (et surtout ma paie d’ESL…) etc… et bien je vais pisser avec mon passeport, je prends ma douche avec mon passeport, je dors avec mon passeport. J’espere que ma parano ne va pas me conduire a justement le perdre, a force de le trainer partout. Ce serait le comble.

C’est marrant, je pourrais resumer cette semaine avec le mot “rien” mais j’ai quand meme reussi a remplir 11 pages de journal de voyage. Y’a toujours quelque chose sur lequel pester. Tiens ce midi, j’ai bouffe un the et deux cassavas (c’est-a-dire deux pauvres tubercules fibreux, blancs et sans aucun gout). J’ai faim. Heureusement, hier j’ai achete des biscuits au supermarche, en prevision de ce genre de situation. Mais meme leurs biscuits n’ont aucun gout. Rien a voir avec nos gateaux francais, les Zanimos, les fingers, les cookies aux trois chocolats… Je me surprends de plus en plus souvent a rever de mon futur regime alimentaire a ESL (entrée, plat, deux desserts…) oh mon dieu, je me fais du mal pour rien.

Ah oui alors sinon, comme je suis vraiment une grosse parano, je ne peux pas m’empecher de penser qu’il y a des risques pour que le centre commercial (dans lequel je vais aller sur skype demain, et au resto) explose. Alors j’essaie de me rassurer en me disant que non, demain, c’est vendredi, le jour de priere des musulmans, et qu’ils ne vont tout de meme pas faire sauter un centre commercial ce jour-la, mais c’est plus fort que moi, j’ai peur. Ce serait vraiment con de mourir maintenant, si pres du but (de rentrer !). Mais il y a des centres commerciaux plus grands que celui ou je vais, a Kisumu, donc en theorie, ils ne feraient pas exploser le mien. Je sais, depuis le West Gate, l’annee derniere, aucun autre centre commercial n’a explose, mais quand meme, en un mois, il y a eu une explosion dans un bus a Nairobi, et quelques explosions a Mombassa…

Vendredi :

Le steak etait trop cuit, et trop poivre, mais ca faisait plaisir quand meme de manger un truc consistant. Plus l’habitude de faire marcher mes dents et de macher, j’ai l’impression d’etre un bebe qui mange pour la premiere fois de sa vie un truc dur (ben oui, pour bouffer de l’ugali…t’as pas besoin de dents !). Je me dis que je vais peut-etre enfin chier solide. En recevant mon assiette, j’ai failli me mettre a remercier Dieu. Puis je me suis rappelee que c’est moi qui aller payer l’addition, et pas dieu. Je bouffe mon steak en regardant les courses automobiles a la TV. Voir les voitures tourner en rond sur un circuit ne m’interesse absolument pas, par contre, les interviews des pilotes en gros plan, j’aime bien. C’est que je n’ai plus l’habitude de voir des mecs avec des cheveux. Et des cheveux blonds en bataille, qui plus est. Parfois je me dis que je pourrais vivre sans ma famille, sans mes amis, sans mon pays, sans mec, mais que franchement, vivre sans steak, non, je ne pourrais pas. Je m’excuse aupres de nos chers amis les animaux, du plus profond de mon Coeur, j’ai conscience hein que ce n’est pas bien de tuer de pauvres etres inoffensifs afin de les cuire sur un barbecue, mais franchement, c’est trop bon.

Ensuite je suis allee au cyber. J’avais dix minutes d’avance pour mon rendez-vous avec ma soeur et ma mere, mais comme il a fallu que j’essaie les 15 ordis du cyber avant d’en trouver un ou skpe, le son, et internet marchait, ben forcement, je n’ai pu parler que 5 minutes avec ma soeur avant qu’elle ne parte bosser. Ensuite j’etais censee parler avec une copine, mais manque de bol, pour une fois que pour moi ca marchait trop bien, pour elle ca ne marchait pas ! Ah oui alors il faut savoir qu’au debut, lorsque j’essayais mes 15 ordis, j’ai failli eclater en sanglots comme une grosse debile, au milieu du cyber. Quand la meuf du cyber me demande ce qui ne va pas (j’etais en train de jurer “putain de bordel de merdeeeee”) et que je dis que ce putain de son ne marche pas, elle me propose un autre casque. Putain mais c’est la troisieme fois que je viens dans ce cyber, ils n’auraient pas pu me le donner avant ce casque la ?! Plutot que de me laisser galerer pendant trois heures les deux dernieres fois que je suis venue, a tenir le fil du casque pendant mes conversations, a le debrancher et rebrancher, et a gueuler “allo ?! Allo ?!” pendant 20 minutes ??! Non mais je n’y crois pas. Et enfin, je parle avec la meuf du tourisme equitable, pendant 1h30. 1h30 pendant laquelle le mec assis juste a cote de moi est en train de regarder des videos pornos, absolument pas perturbe par le fait que je sois a 50cm de lui, et qu’il y ait plein d’autres gens autour de lui. Aussi a l’aise que s’il etait dans sa chambre ou dans son salon.

Le soir, chez la soeur de George, j’ai droit a du riz, des patates et du boeuf. Alleluia ! N’empeche qu’avec tout ca, j’ai mal au ventre ! Si ca tombe en rentrant, je vais avoir besoin d’une periode de readaptation pour manger normalement ! J’avais raison de penser que j’allais etre traitee comme une reine ici, sa soeur me donne meme son lit et dort sur le canap’ (le guide dort egalement sur un des canap’, bande de curieux !)!

Samedi :

Je m’ennuie. Mais dans un nouveau lieu ! Chez la soeur de George, a Kisumu. Lui passe la journee a regarder les infos, moi franchement, les infos du Kenya, je m’en tape completement. Enfin, hier soir, regarder les infos m’a tout de meme appris que oui, je suis peut-etre une grosse parano, mais j’ai des raisons d’etre parano : il y a eu une nouvelle explosion terroriste a Nairobi, dans un marche. Donc certes, il ne s’est rien passé dans mon centre commercial de Kisumu, mais il s’est quand meme passé un truc quelque part! Resultat, la Grande-Bretagne evacue tous ses touristes, notamment de Mombassa, une compagnie aerienne anglaise a annule tous ses vols envers et depuis le Kenya jusqu’au 31 octobre (ce qui me parait tout de meme un peu exagere, le pays n’est pas en guerre, tout de meme !), l’ambassade des USA va reduire son personnel, et ces deux pays, l’Australie et la France ont emis un avertissement envers les touristes. Mes parents arrivent dans deux semaines pour voyager avec moi. On etait censes aller passer trois jours a Mombassa, pour se baigner sur des plages de reves, et faire du snorkeling sur la barriere de corail. Genial.

Je n’en peux plus de rien faire. Quand ses soeurs refusent que je fasse la vaisselle, sous pretexte que je suis l’invitee, je suis a deux doigts de me mettre a chialer. Du coup elles me laissent faire, et sont impressionnees par la vitesse a laquelle je fais leur vaisselle. Et par le resultat (elles ont verifie, comme si une Mzungu n’etait pas capable de bien laver les plats…). Apres cette vaisselle, ca va un peu mieux. Au moins, j’ai fait un truc concret.

Dimanche :

Je reussis a trainer George a la piscine. C’est une question de survie. Si je reste une journee de plus a rien faire, je vais devenir folle. Quand il a vu le monde dans l’eau, il a refuse de s’y baigner. Forcement, le mec, il est habitué a avoir un lac aussi grand qu’une mer pour lui tout seul donc bon. Du coup il squatte un transat et garde un oeil sur mes affaires (et mon passeport !!!!) pendant que moi je nage. Enfin que j’essayais, pas facile avec tous ces gens qui font des bombes sans se precoccuper aucunement des gens qui nagent.

A la base j’etais censee revenir a Luanda aujourd’hui, mais quand George m’a dit que ses soeurs allaient faire des chapatis… j’ai demande “ ce soir ou ce midi ?”. Ce soir, il me dit. Ah. Bon ben, je pars demain matin alors… ! J’en suis a un point ou je commence a comprendre que certains puissent en venir a la prostitution afin de bien manger. (Mais non, moi je n’en suis pas encore la, moi je n’ai pas besoin de coucher pour qu’on me fasse un bon truc a bouffer, je suis blanche donc je suis traitee comme un pacha ou que j’aille, car c’est déjà un honneur que je mette les pieds dans leur maison, vous comprenez ?).

Sinon, un truc absolument atroce ici, c’est que les gens ecoutent la radio et regardent la TV en meme temps. Et de temps en temps, ils mettent aussi de la musique sur leur portable, sans eteindre la radio ni la TV. Ca me rend folle.

Lundi :

Retour a Luanda, après avoir achete du poisson au marche de Kisumu, pour Rebecca. Eh oui, quand je l’ai appelee pour lui dire que je rentrerai finalement lundi, elle m’a bien entendu demandee : “et tu me ramenes quoi ?!”. Je vous promets, si un jour en France, vous me dites “tu me ramenes quoi ?”, je vous tords le cou.

De retour a la maison, j’ai passé deux heures a regarder Rebecca couper ma robe. Oui parce qu’elle est en train de me faire une robe a l’africaine…j’ai un peu peur du resultat…vous verrez lors de ma fete kenyane SAMEDI 13 SEPTEMBRE (si vous n’etes pas la, je ne vous parle plus jamais de ma vie. Non je rigole, tant pis pour vous, vous allez juste rater une super fete avec de supers animations et un super repas, enfin je veux dire, un repas Kenyan…).

Puis je descends a Luanda pour parler avec Salome de ce projet de tourisme equitable. Rebecca me dit de prendre un K-way, juste au cas ou. Je regarde le ciel, et je fais la fiere : “mais non, il ne va pas pleuvoir ! Et au pire, je serai mouillee, tant pis, c’est juste de l’eau !”. Non mais Manon, laisse-moi rire… J’etais en train de bouffer mes frites sur le bord de la route (oui, encore…en meme temps, a midi, on m’a file un fanta et un mandazi donc bon…en dessert je veux bien, mais en plat principal…) quand il s’est mis a dracher comme vache qui pisse. J’ai donc couru m’abriter dans le supermarche, qui abritait déjà un monde de fou dans l’entrée. On a attendu ½ heure que ca s’arrete. En rentrant, Rebecca me sort “je te l’avais dit !”. Oui, elle avait raison.

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