"Week-end" a Mfangano Island

Publié le par Manon

Mercredi :

Ce soir, j'annonce a la famille que vendredi, je pars en week-end a Mfangano Island. Ils n'en ont jamais entendu parler. Je dis "pres d'Homa Bay" (en fait pas du tout, une fois a Homa Bay, je ne suis qu'a la moitie du chemin...). Ruth s'exclame : "mais c'est hyper loin !". Je m'enerve : "non, ce qui est hyper loin, c'est le Groenland, la Finlande, la Nouvelle-Zelande ! (oui je suis comme ca moi, quand je m'enerve, je parle en rimes), pas Homa Bay". "Mais ca va te couter super cher comme trajet". Oui bon, ca va hein, ca va me couter 10 euros grand max quoi (pour toi c'est une fortune, mais moi je suis une grosse riche egoiste donc ca me va). Je crois que ma mere avait ete moins surprise quand je lui ai dis que je voulais faire le tour de l'Australie en bagnole puis traverser la Mongolie a cheval, que Ruth quand je lui ai dit que je voulais aller a Homa Bay (a 100km de la, grand max). Forcement, Rebecca n'a pas mis les pieds a Kisumu (a 45 min d'ici) depuis 8 ans, donc bon. Je ne m'imagine pas rester enterree a La Motte pendant 8 ans sans meme aller a Lille...

Bref, comme je suis une stressee de la vie, je ne peux m'empecher d'imaginer que 1/ je vais me faire enlever, violer, tuer, depouiller, 2/ que le bateau va couler, et que 3/ je vais me faire bouffer par un hippo. Ruth en rajoute une couche : "quand tu seras la-bas, tu dors dans une maison, pas dans ta tente, sinon ils vont te violer". C'est vrai que "la-bas", ca doit etre des sauvages, alors qu'ici, non pas du tout.

Jeudi :

Je rentre du marche. Ruth :

- tu es rentree.

- oui.

- tu as ramene quoi ?

- rien.

- rien ?! (d'un air surpris)

- non.

- pourquoi tu ne peux pas ramener du boeuf, pour qu'on mange avec de l'ugali ?

- la prochaine fois. (Parce que je paie 200 putains d'euros chaque fois et qu'en theorie, je suis censee etre nourrie. Et qu'en plus leur boeuf me donne envie de gerber). Je ne vais plus oser aller a Luanda. A chaque fois c'est le meme delire.

Trop chiant sinon. Quand Ruth est a la maison, elle squatte toujours a cote des chiottes (je comprends pas, en plus ca chlingue !). Du coup, elle peut tenir "mon emploi du temps des chiottes". Et vive l'intimite quoi, on ne peut meme pas chier tranquille dans ce pays.

Il y a quelques jours elle me dit : "plus que quelques jours et tu t'en vas". Ouais fin "quelques"...40 quand meme hein, je pense que je vais les sentir passer...

Petite discussion avec Ruth. J'apprends que Dorene (que j'appelle Dory depuis 3 mois) est la fille de son frere, qui a divorce. La mere s'est remariee avec un autre mec (et a donc abandonne ses trois gosses car ici, un mari n'accepte pas les enfants d'un premier mariage), et du coup, le pere a refile un gosse a sa soeur, et deux a sa mere (car les gosses ici, ce n'est pas le probleme du pere). Pauvre Dorene ! Orpheline alors que ses deux parents sont en vie !

Ruth me fait trop rire, elle me dit qu'elle va prier pour qu'a mon retour, je trouve un mari et que j'ai trois gosses. Pourquoi trois ? Parce que comme ca, je pourrais leur donner le prenom de mes deux parents, et le sien. Mes enfants vont donc s'appeler Corinne, Claude et Ruth. Les pauvres.

Ruth m'explique que quand on est une jeune fille comme Rebecca, on a le droit de ne pas aller a l'eglise, mais que quand tu es mariee, les gens viennent te chercher de force si tu n'y vas pas. Franchement, c'est atroce ici d'etre mariee. Non seulement tu deviens esclave sexuelle et vache laitiere, mais en plus tu dois aller te faire chier a l'eglise tous les dimanches...

Realisation du jour : Avec ma soeur, avant de partir, on se moquait de mon grand-pere qui va se coucher a la fin de plus belle la vie. Mais moi ici, je me couche avant meme le debut de plus belle la vie...

Ah oui alors tout a l'heure, j'etais confortablement installee sur le divan, en position empereur romain, quand je vois un cafard remonter tranquillement le pied de la table, et une poule qui le gobe et l'avale d'un coup. Le regne animal en puissance. J'espere que ca prefigure les scenes auxquelles j'assisterai au Masai Mara dans un mois (mais avec un lion et une gazelle a la place).

Cette semaine, pour me faire plaisir, Ruth a change la station de radio et a mis un truc qui diffuse des chansons americaines. J'ai donc eu droit a Rihanna et aux 2b3 2014 (oublie leur nom). Sauf que je deteste Rihanna.

Vendredi :

Depart de la maison, 7h du mat. Je descends de ma montagne a pied, je prends un premier matatu jusqu'a l'intersection de la grande route, puis un bus jusque Kisumu (la grande ville). De la, je monte dans un autre matatu, qui m'emmene a Luanda Kotieno (un autre Luanda), apres avoir poiraute une heure avant que le machin demarre. Je suis contente, j'ai eu une place devant, du coup, je peux voir la route defiler comme si je conduisais. Ca m'a rappele l'Australie et mes trois voitures. Tres vite, ca me rappelle aussi mes problemes de voiture, et je me dis que quand meme, ne pas avoir de voiture, c'est moins stressant, au moins je n'ai pas peur de la perdre... Je realise qu'il y a un an, presque jour pour jour, j'abandonnais ma troisieme voiture sur le bord de la route. Le souvenir est encore tellement frais dans ma tete que j'arrive meme a sentir d'odeur de crame qu'elle faisait. Puis je vois de la fumee venir de derriere moi. Tout compte fait, si je sens de la fumee, ce n'est peut-etre pas seulement du a la fraicheur du souvenir... Je me retourne. Sur ce, le mec derriere moi (qui s'occupe de recupere l'argent des tickets) hurle un truc au chauffeur qui s'empresse de s'arreter sur le bas-cote, ou tout le monde descend en urgence du matatu. Et la, je constate qu'il y avait le feu JUSTE sous mon siege. Veridique. Encore un peu et j'illustrais l'expression "avoir le feu au cul". Les mecs commencent a verser de l'eau sur le feu et a trifouiller pendant 5 minutes. Puis tout le monde remonte dans le matatu, comme si de rien n'etait. Moi la derniere, je ne suis pas tres rassuree. Je demande a ma voisine si elle croit que c'est "safe". C'est quand meme pas normal qu'il y ait le feu sous une voiture, et qu'on redemarre 5 minutes apres avoir arrose le feu, si ? Ca peut exploser, non ? Elle me repond "t'inquietes, on est ensemble". Ouais fin bon, je ne te connais pas, donc mourir toute seule ou avec toi, excuse moi, mais ca ne fait pas de grande difference...Puis je me dis que comme je suis juste au dessus de la source du feu, au pire, y'a des chances pour que ce soit rapide et indolore. Mais non ! Rapide ou pas, je ne veux pas mourir ! Je me surprends a penser que je veux survivre au moins assez longtemps pour pouvoir raconter cet episode sur mon blog. Non mais n'importe quoi Manon ! Tu veux survivre pour plein de raisons, mais certainement pas pour ton putain de blog ! Non mais c'est pas dingue ca !? Il a suffit que je pense a l'Australie et a mes problemes de voiture pour que je foute le feu au matatu ! Je suis une sorciere.

Bref, avec cette histoire, j'etais sure d'avoir rate le ferry de 11h, ce qui me faisait un peu chier car le suivant etait a 16h. Mais non, on est en Afrique. Le ferry est arrive a 11h20. Une heure de traversee plus tard, je suis a Mbita, au bout de la peninsule, a l'entree du lac Victoria. Je mange une omelette-chapati en attendant mon guide qui est cense me rejoindre pour prendre un autre bateau pour Mfangano Island. De la, je prends un piki-piki jusqu'a l'embaquadere, retrouve George, mon guide, et monte dans un bateau. Enfin essaye : je fais la fiere et refuse l'aide que l'on me propose pour monter dans la barque par la poupe (ou proue ?), pour ne pas aller dans l'eau avec mes pompes de rando. Me voila donc en travers de la poupe, le cul en l'air et les jambes dans le vide, incapable de bouger. Je pete une barre, et on vient tout de suite m'aider et me pousser les jambes pour monter dans la barque. Mon sac a main me genait, je precise, histoire que vous ne pensiez pas que je suis si gauche que ca ;p Et la, c'est parti pour deux heures de navigation. En plein cagnard. Il est 14h et il creve de chaud. Heureusement, le guide m'a ramene un parapluie, en prevision. Je me dis que rien que pour ca, ca valait le coup de prendre un guide. Je sais, etre la seule blanche dans un bateau avec un parapluie, ca fait grosse touriste, mais j'assume. Ce week-end, je suis une touriste. Mais deux heures a tenir un parapluie, c'est long quand meme... A la fin, le guide retire le parapluie de mes mains, mon bras reste en l'air. Je lui demande comment il a atteri dans le Lonely Planet : un jour, il a vu deux touristes pommes sur l'embarcadere, un anglais et un japonais, ils ne savaient pas s'ils allaient aller sur Mfangano Island ou pas (il n'y a aucun hotel ni rien pour dormir, c'est super sauvage et pas touristique du tout. Le routard dit "nous vous conseillons vivement de prendre un guide". D'accord. Mais qui, ou comment ? Merci le Routard quoi, la prochaine fois, j'economiserai les 15 euros que tu coutes et te laisserai sur le rayon de la FNAC, j'ai envie de dire !). Bref, George leur a propose de les herberger, ils ne paieraient que la bouffe. Ils sont restes cinq jours, puis ont ecrit un truc a leur ambassade. Un jour, un mec l'a appele pour venir chez lui, et apres avoir passe une semaine chez lui, il lui a avoue qu'il ecrivait pour le Lonely Planet et lui a demande si cela l'interesserait d'en faire une activite commerciale. Bref, depuis ce jour, George partage son activite professionnelle entre les touristes qu'il recoit, et l'ecole pour orphelins qu'il a ouverte grace a des aides d'un touriste italien.

Arrives sur l'ile, on prend un piki-piki jusque chez lui. La on se repose une heure, je monte ma tente dans son jardin (il a reussit a faire entrer un enorme matelas dans ma toute petite tente, je sens que je vais trop bien dormir...!) puis on va SE BAIGNER DANS LE LAC !!!!! Bon le truc, c'est que quand je suis partie de la maison, j'avais mes regles. Je me suis donc dit que je n'allais pas me baigner. Donc je ne me suis pas rasee. De toutes facons, vu l'eau et les plages de Kisumu, je me disais... Sauf que ce n'est pas du tout comme a Kisumu. Heureusement, j'ai quand meme pris mon maillot de bain (logique la fille). Non mais parfois, j'ai vraiment des raisonnements a la con. J'ai mes regles, donc je ne me rase pas, donc je ne me baigne pas. Plutot que d'aller acheter des tampons. Ben non. Faut dire que j'ai quand meme mis 24 ans avant de consentir a me foutre un tampon dans le cul (ah bon...c'est pas dans le cul qu'il faut le mettre ?! Ah mais c'est pour ca que ce n'est pas confortable ?!!!!). Fin bon, moi au moins je n'ai jamais du demander a mes animateurs de m'ammener aux urgences parce que j'avais un tampon coince dans le vagin (cf ESL). Bref, je me baigne donc en mode ours, le retour aux sources. Le guide m'assure qu'il n'y a pas d'hippos, ca m'inquietait quand meme un peu au debut, parce que ca ressemblait vraiment a un endroit a hippo : sable noir, sorte de mangrove, herbe flottante, oiseaux blancs dans les herbes, voiliers qui passent au loin, soleil qui se couche sur les iles... magnifique. Je me jette direct dans l'eau, alors que le guide est au telephone, puis je le vois sortir son savon et commencer a se laver. Ben oui, etant donne qu'ils utilisent l'eau du lac pour la cuisine, la vaisselle, la lessive, et meme boire ! Pourquoi s'embeter a transporter de l'eau pour se laver quand on peut se laver direct dans le lac ?! L'eau est douce, c'est ca qui est dingue ! On croirait se baigner dans la mer, mais non, c'est un lac !

Puis retour a la maison, j'"aide" (c'est-a-dire que j'enleve les tiges du sukuma) Crystal, la fille de George, a preparer le repas. Elle a 12 ans, et c'est elle qui prepare le repas tous les soirs. Pendant ce temps-la, son petit frere joue au tam-tam sur ma jambe, au rythme de la musique diffusee par le lecteur dvd alimente par l'energie solaire. Moderne et ecolo en plus. L'effet tam-tam est assez agreable, pendant un instant, j'imagine m'allonger sur le divan et lui demander de taper plutot sur mon dos. On emigre ensuite a la cuisine ou le petit commence a me passer sur le corps une petite voiture a roulettes.La je me dis, mais pourquoi les gens depensent des sommes folles en sex-toys ?! Je suis sure qu'une petite voiture a roulettes peut faire l'affaire (mais non,je n'ai pas essaye, quand meme !). Les deux gosses, absolument pas perturbes par moi, ca change du village ! Le petit s'installe sur moi, me mesure la tronche avec sa main, bref, il doit avoir l'habitude des touristes.

Je surkiffe tout ! Les gens, l'endroit ! En me baignant dans le lac, pour la premiere fois depuis que je suis au Kenya, je me suis surprise a penser "j'adore le kenya !" (d'habitude, c'est plus "je hais le kenya !"). Au debut, quand j'ai appele le guide, je me suis dit qu'il me ferait au moins l'effet paravent et pourrait jarter les gosses qui s'approchent de moi et les adultes qui viennent me demander du fric, et franchement, c'est vrai que c'est pas mal, parce qu'avec un local, je suis intouchable ! J'ai donc eu raison de l'appeler plutot que de galerer toute seule. De toutes facons, je n'avais pas trop le choix, le seul hotel de l'ile est un complexe de luxe pour presidents et ambassadeurs avec piste d'atterissage, a 400 dollars la nuit (la chambre la plus petite). Bref, repas (poisson...) puis dodo dans ma tente ! Pas de ronflement, pas de radio, petit air frais = meilleure nuit depuis que je suis au kenya !

Samedi :

La journee commence a 7h30, par une chasse au soutif. Tout le monde s'y met. Le guide, la belle-soeur et les deux gosses. Glamour. Impossible de mettre la main dessus. C'est pas grave, je dis, on laisse tomber, on finira par le retrouver si dieu le veut (c'est terrible, je me mets a penser comme eux !). La meuf me dit : "mais comment tu vas faire ?!". Oui bon, je n'ai pas non plus des seins enormes, donc je devrais survivre 3 jours sans soutif...

Ah oui alors le guide vit avec ses deux gosses, et depuis la mort de sa femme, la soeur de cette derniere est venue habiter chez lui, pour s'occuper des gosses. Il me dit plus tard que si elle avait ete la petite soeur de son ex-femme, il aurait pu l'epouser, mais que comme c'est sa grande soeur, alors la tradition l'interdit. Special quand meme...

Bref, depart de la maison a 10h, pour aller voir des peintures rupestres de l'autre cote de l'ile. On a loue un piki-piki. Moi je voulais commencer par la rando et faire demain les peintures rupestres, je me disais que je n'aurais qu'a m'asseoir sur le scooter et que ca allait etre tranquille...la bonne blague. Plus d'une heure de route (une vingtaine de kilometres selon George) sur un chemin degueulasse, qui monte et qui descend, avec des cailloux, des rochers, de la boue, des trous, des bosses. Atroce. Ca secoue tellement que ca me donne trop envie de pisser (oui cette semaine, je vous donne tous les details glamour). Je flippe trop qu'on se casse la gueule. D'ailleurs ca n'a pas loupe, au retour on derape sur un caillou et on finit dans le fosse. Okay, un petit fosse, mais quand meme. Si les brouissailles n'avaient pas arrete le scooter, on finissait dans un arbre (sans casque ni combi en plus, sinon c'est pas drole). On finit par arriver tout en haut d'une montagne. En fait on a du faire tout le contour de l'ile, car il n'y a pas de route directe. Le truc absolument impossible a trouver sans guide. On traverse une ecole envahie par les vaches (c'est les vacances scolaires), puis on descend un peu de la montagne, et apres un peu d'escalade, nous voila devant deux pauvres soleils peints sur une paroi rocheuse. On a fait TOUT CA pour ca ?????! Oui. Plus d'une heure de route en plein soleil, ou on a failli mourir 10 fois, j'ai du descendre de la mobylette au moins 40 fois pour passer plusieurs obstacles, et on ne voit que trois pauvres gribouillis ?! Ca m'a rappele l'Australie et ses peintures aborigenes...c'est bien les guides touristiques ca de faire tout un patatques pour rien du tout. Je suis presque morte de rire en voyant le truc. Le guide doit etre blase de faire tout ce trajet a chaque fois pour montrer ca. J'aurais du comprendre quand il n'a rien repondu quand j'ai dit que j'esperais que ca valait le coup... Bref, les peintures dateraient d'entre 1000 et 4000 ans. Ca c'est de la precision. Sur ce coup la, les archeologues ne prennent pas trop de risques j'ai envie de dire.. Elles auraient pour fonction d'amener la pluie. Je vais essayer la prochaine fois que j'ai trop chaud de dessiner un soleil sur le mur, pour voir. On mange quelques fruits (oui, moi aussi), puis c'est parti pour le retour. En chemin, on s'arrete chez sa grand-mere centenaire. Elle ne ressemble plus a rien (dents qui sortent de la bouche, yeux qui partent dans toutes les directions sauf la ou elle veut regarder, etc..) mais en la voyant caqueter avec ses copines, presque aussi vieilles qu'elle, je me dis que j'aimerais bien arriver a cet age la, et papoter avec mes copines des valeurs qui se perdent. La vieille me serre dans ses bras pendant 3 heures, j'ai cru que j'allais y passer la journee. Le truc, c'est qu'elle est assise sur son lit, et moi debout, donc je manque de me casser la gueule sur elle. Bien sur, les vieux demande a George si je suis sa femme. Apparement, ils lui font le coup a chaque fois qu'il se pointe avec une touriste. Selon eux, je suis belle et je devrais rester habiter sur l'ile pour toujours, avec eux. En repartant, le guide s'excuse d'etre restes si longtemps : quand on passe les voir, impossible de repartir ensuite ! Ca, c'est international... ;p

Retour a la maison. Il est 15h. On mange (poisson encore...) puis on va se baigner ! Cette fois j'ai pris mon savon aussi ! Un peu plus loin, je vois des mecs qui se lavent aussi...mais a poil. Bien muscles les mecs... Le guide se lave en short lui, ouf ! Une fois a la maison, je regarde le livre de la jungle en swahili, avec les gosses, puis je vais boire un verre dans un bar avec le guide. Repas a la maison puis dodo.

Dimanche :

Ce matin, je retrouve mon soutif ! Il etait au milieu de mes couvertures dans ma tente...! Je commencais a me dire que l'homme invisible etait une femme et qu'elle s'etait dist que meme si personne ne la voyait, ce n'etait pas une raison pour laisser ses seins tomber comme ca. Mais elle doit avoir des plus gros seins que moi, mon soutif etait trop petit pour elle, du coup elle me l'a rendu et c'est pour ca que je l'ai retrouve.

Depart a 9h pour une rando ! Au debut, on monte avec un 3eme mec, chaussures de ville en cuir, il a l'air de faire sa promenade du dimanche. Moi avec mes pompes de rando, je traine derriere, et le guide n'en mene pas large non plus. Ca grimpe dur et il fait deja super chaud. Finalement, j'apprends que le mec vit en haut et qu'il peut faire l'aller-retour 3-4 fois par jour. Ahh je comprends mieux ! Il a l'habitude ! C'est marrant parce que quand je fais une rando, dans les montees, je me dis toujours que je deteste les randos, et je me demande toujours ce qui a bien pu me prendre de vouloir faire ca plutot que d'aller barboter dans l'eau. Puis dans les descendes, je me dis qu'une bonne petite rando, c'est quand meme kiffant. En marchant, je realise qu'en France, au marche, les gens sont derriere leurs stands. Ici, ils sont SOUS leurs stands. On croise des gosses avec un ane, qui descendent chercher de l'eau. Y'a des gens qui vivent la-haut. Non mais ils ne sont pas bien. En plus ils ne peuvent meme pas se baigner dans le lac (la grosse reflexion de touriste). Apres plusieurs petites pauses, dont une pres d'une cascade, trois heures plus tard, nous sommes au sommet de la montagne. Sur le chemin du retour, on s'arrete dans un deuxieme site de peintures rupestres (ou il y a encore moins a voir), ou George me raconte la legende de la naissance de sa tribu. Encore aujourd'hui, il s'agit d'un site sacre, quelqu'un est paye pour rester la toute la journee, tous les jours sauf le dimanche (car eglise) pour surveiller que personne de moins de 18 ans n'entre dans ce site, et que personne ne touche les peintures.On se fait la descente en un rien de temps, a 13h30, on est a la maison, en train de manger avec le reste de la famille. Riz (enfin ! merci mon dieu !), bananes cuites et sauce au poulet offerte par des touristes japonais. Je suis la seule a en manger. Ils ont goute du bout de la langue mais vu la grimace qu'ils ont faite, ca n'a pas du leur plaire des masses...Ensuite petite sieste a l'ombre sur mon matelas. C'est quand meme cool de changer de lieu de glandage. La, j'ai vue sur le lac, c'est pas mal. C'est fou, je suis venue ici sans aucun bouquin ! C'est la premiere fois que ca m'arrive ! Faut dire que le seul bouquin a ma disposition etait mon encyclopedie historique alors forcement...

J'appelle Rebecca pour lui dire que je rentrerai finalement mercredi (a la base, j'avais dit dimanche...). J'hesitais un peu, mais George m'a convaincue. Enfin il n'a pas eu a insister beaucoup ! C'est tellement genial ici ! Personne qui me harcele ou me demande du fric tout le temps. Le lac pour se baigner. Il ne me fait payer que les trois premieres nuits, ensuite je peux rester autant que je veux. Sympa !

Ensuite on va se baigner. J'en profite pour demander au guide si les hommes sont les seuls a se laver dans le lac, car on ne voit jamais de femmes. Elles se lavent sur une autre plage, il me dit. Ah, donc moi je me lave sur la plage des mecs ?! Il hesite avant de repondre, l'air un peu embete. Oui, mais toi ce n'est pas pareil, tu es neutre, qu'il me dit. J'ai toujours su que les blacks nous prenaient pour des extraterrestres. Pour eux, avant meme d'etre meuf ou mec, on est blanc-mzungu. Cette fois je nage super loin. J'en perds mon savon dans l'eau (que j'avais mis dans mon haut de maillot de bain, ce qui n'etait pas une bonne idee au vue de ma morphologie). Puis on va au bar, attendre les pecheurs qui doivent nous emmener sur le lac avec eux, pour voir la peche de nuit. C’est fou dingue, il fait noir complet, mais les gens arrivent a voir que je suis une mzungu. A croire que je suis phosphorescente, comme toutes les lucioles qui volent sur l’ile (trop beau !).

La nuit tombe, on part a la peche. Enfin non, nous on va juste regarder... On monte dans la barque, les deux pecheurs qui nous emmenent a la rencontre des autres pecheurs (qui ont deja installe leurs lanternes) se mettent a ramer comme des malades. Je n'avais jamais vu ca de ma vie. La lune eclaire le lac, il y a des milliers d'etoiles dans le ciel, et des milliers de lanternes posees a la surface de l'eau. Trop beau. On arrive pres d'une barque. Les pecheurs sont en train de faire une petite sieste. Le guide leur file du fric pour qu'ils me montrent comment ils font. Donc en gros, chaque bateau a 4 lanternes, qu'il dispose eloignees les unes des autres. Ils attendent un peu que la lumiere des lanternes attire les mouches, qui elles attirent les poissons, puis ils tournent autour de la premiere lanterne pour l'encercler avec un filet. D'un long baton, ils s'assurent que la lanterne reste bien toujours au milieu du filet. Puis ils resserent le cercle au fur a mesure, pour ramener le filet dans le bateau. Ensuite ils remontent la lanterne pour aller la poser ailleurs. Puis ils s'occupent de la 2, 3, et 4eme lanterne, avant de retourner a la 1ere. Et ainsi de suite toute la nuit. Ils rentrent sur la plage a 7h du mat, pour dormir, ou boire...

Pour nous, retour a la maison a 22h30, repas, et dodo. Ah oui, alors sur le retour, j'ai rame un peu ! Bon, juste histoire de pouvoir dire "j'ai deja rame sur le lac victoria !" parce qu'en verite, je meurs de chaud a ramer avec mon pull, et en plus je vois bien que sans sa pagaie, le pecheur se fait grave chier, et est au bord de la crise existancielle. N’empeche, c’est fou dingue, les pecheurs d’ici ne savent pas nager ! Alors qu’ils passent toutes leurs nuits sur le lac !

Lundi :

Levee a 6h45 pour aller voir le retour de peche. Je tombe sur les deux pecheurs qui nous ont emmenes hier soir, completement bourres. Voila comment ils ont utilise les 20 euros que je leur ai file. Le tourisme, supporter de l'alcoolisme, au detriment du developpement... Je passe le reste de la matinee tranquillou a faire la sieste a l'ombre, avec le gosse qui fait de l'acrogym a cote de moi. Celle de 12 ans fait le repassage avec son truc a charbon. Je me dis que pour elle, l'odeur du charbon, c'est associe au repassage, alors que pour moi, c'est associe au barbecue, c'est quand meme plus sympa...

Petit dej, avec en fond sonore Avril Lavigne et Baby girl. J'avais raison de dire que 10 ans, c'est le temps que mettait une chanson pour arriver en Afrique. Enfin la quand meme on est sur une ile au milieu du lac Victoria, donc ca peut se comprendre.

C’est quand meme des acharnes du balayage ici hein. La meuf a passé une heure a balayer le jardin, l’herbe et tout, sous l’arbre, autour de ma tente, etc. Je demande pourquoi, elle me dit “pour que ce soit propre”. Je dis “moi je trouve ca joli avec les petites fleurs jaunes sur la pelouse”. Elle m’a regarde comme si je venais de dire que 2 et 2 font 9.

L’aprem, je vais voir les pecheurs de l’autre cote de l’ile, en piki-piki, pendant que le guide repeint les murs de son ecole, elle re-ouvre demain (je peindrais bien mais je n’ai pas de fringues de peinture…l’excuse ;p). Ces pecheurs tirent depuis la berge, a cinq personnes, pendant deux heures, les filets poses en bateau au milieu du lac. J’ai essaye 5 minutes, j’avais déjà deux cloques sur la main. Retour a la maison puis baignade.

Quand meme, je suis un boulet de ne pas m’etre rasee. C’est trop la merde pour sortir du lac. Le guide reste en general sur la berge. Au debut, j’avais bien pense a sortir du lac a reculons, mais ca aurait ete un peu estrange. Mais ce qu’il y a de bien quand on habite a l’etranger, c’est qu’on peut toujours mettre nos bizarreries sur le dos de notre nationalite (comme le coup du rocher et de la pluie) : oui en France, on sort toujours de l’eau en regardant le large, dos a la plage, sinon ca porte Malheur. Comme ici ils ont plein de superstitions dans le genre, je me dis que ca pourrait passer.

Le soir, on monte camper en haut de la montagne, pour aller voir les lanternes des pecheurs sur le lac, vu d’en haut. C’est une idée de precedentes touristes, une francaise et une japonaise. Bref, on mange vite fait a la maison, puis on commence a monter la montagne, a la lumiere de la lampe de poche. Une rando de nuit, c’est une premiere ! Arrivee en haut, je me pose pour regarder les lanternes, pendant que le guide cherche du bois pour faire un feu de camp. Puis on se pose devant le feu de camp, avec nos sodas, tout en ecoutant…de la musique gospel. Je pete une barre en realisant que c’est la premiere fois de ma vie que je fais un feu de camp avec des “alleluias” en fond sonore. Finalement dieu merci, il coupe sa musique et on peut profiter du chant des cigales, c’est mieux. On passe une bonne partie de la soiree a regarder la vue sur le lac, puis dodo dans la tente.

Mardi :

Lever de soleil vu d’en haut de la montagne, on redescend ensuite prendre le petit dej a la maison. La meuf met trois heures a me ramener un the et des patates douces, ca me depasse, sur le coup je me suis demandee si elle etait partie m’acheter un petit pain au chocolat sur les champs-elysees mais malheureusement non.

Apres le petit-dej, j’accompagne George a l’ecole dont il est le directeur. Je m’assois dans son bureau le temps qu’il le reorgnise, avec dix gamins dans les pattes, qui sont censes l’aider a ranger, mais qui ne font rien d’autre que trifouiller a tout et plus particulierement aux dons de jouets ranges dans le placard. Puis on passé dans les classes pour faire quelques photos. Sur les cinq classes ou je suis allee, il y avait une classe avec un prof. Les autres classes, les eleves etaient tous seuls et leur prof parti acheter des medocs, ou juste absent. Genre les maternelles. Ils ont passé toute la matinee tous seuls, dans leur classe en toles. Et ils etaient censes se taire. Pas stresses ici les profs.

Ensuite on va manger chez l’oncle de George, qui a trois femmes (enfin deux, y’en a une qui est morte il n’y a pas longtemps). Il nous a invites, mais en fait il n’est pas la. C’est ses femmes qui nous recoivent. Chapatis (J) et petits pois carrotes (la premiere fois que j’en mange au Kenya !).

Je passe le reste de la journee a faire la sieste a l’ombre, avant d’aller me baigner au lac. Puis on prend un piki-piki pour aller voir le coucher de soleil depuis l’hotel de luxe a 400 euros la nuit. L’hotel est ferme pour renovation mais George connait les gardes, donc on peut entrer quand meme. Effectivement, plage et hotel de reve. M’enfin ca reste quand meme un peu cher, juste pour dormir, quand meme/… ! L’horizon est lisse, aucune terre en vue, on se croirait face a l’ocean ! Un peu etrange de se balader au milieu de ces installations vides de touristes… Retour a pied, dans le noir. Bar, puis repas a la maison. Puis me prend l’idee de faire un bain de minuit. J’ai toujours ete fan des bains de minuit. Apparemment, je suis la deuxieme touriste a lui demander. On emporte une serviette de bain, une bassine (pour faire croire a la belle-soeur qu’on va acheter du poisson, histoire qu’elle ne nous prenne pas pour des demeures totals), et c’est parti ! Quand on arrive au lac, le vent vient de se lever, les vagues sont enormes, il y a des éclairs au loin, et peu de lanternes sur le lac : les pecheurs ont senti arriver la tempete. George se jette a l’eau. Moi j’hesite un peu quand meme. C’est que le vent est vraiment vraiment fort, il caille en fait ! Allez, je me jette a l’eau aussi ! Deux minutes plus tard, il se met a pleuvoir A MORTTTTTTT. On ressort de l’eau, pas le temps de me rhabiller, de toutes facons, mes fringues sont déjà trempees, je m’enroule dans ma serviette, me protégé la tete avec la bassine, et on rentre a la maison, sans courir : le chemin est devenu une mare de boue, et on est en tongs. On arrive a la maison trempes jusqu’aux os. La belle-soeur est toujours dans le salon. Elle debloque. Moi je suis trempee, ma serviette de bain est trempee, et tous mes fringues sont trempes aussi. Finalement, je me seche (devant la belle-soeur) avec un tee-shirt, et j’enfile un pantalon et un pull sans rien dessous… Le bain de minuit (a 21h mais bon au Kenya c’est equivalent a minuit) le plus tare de toute ma vie.

Mercredi :

Levee a 6h30, je chope le ferry de 7h30, de justesse. Les routes etaient toujours impraticables, le piki-piki a galere. Deux bateaux et deux matatus plus tard, je suis a Luanda. 7 heures de route. Plus court que l’aller. Je passé au supermarche acheter des cakes pour ruth, histoire de ne pas repondre “rien” a la question qui ne manquera pas de tomber “tu nous as ramene quoi ?!”. Petit tour au cyber (6 jours sans internet !). Puis retour a la maison.

Jeudi :

Je vais boire un verre avec “mec bavard seminaire”. Il me fait genre une declaration et me supplie Presque de coucher avec lui, car il veut experimenter une mzungu. Il est persuade que les mzungus sont plus doues en amour et en sexe. Et il est vert que je ne lui ai pas propose de venir avec moi a Mfangano Island. Je reponds a sa requete par la negative. Il me demande ce qu’il peut faire pour laisser une marque dans ma vie (rien), et si je changerais d’avis s’il me suppliait a genoux. Ben essaies, tu verras. (La reponse sera toujours non mais tu te seras bien tape la honte et moi j’aurais rigole cinq minutes).

Vendredi :

Toujours rien a faire. Ca fait un mois que Salome ne m’a prevu aucune activite. Le gros foutage de gueule. A mon retour, si j’ai le courage, j’ecrirai un mail sale a l’organisme, histoire qu’ils arretent d’envoyer des volontaires dans cette assoc de merde. Je passé la journee a tourner en rond et a me demander ce que je vais bien pouvoir foutre les 21 jours prochains. Je retournerai bien sur l’ile. George m’invite gratos. En plus la bas, c’etait vraiment le pied, en 6 jours, y’a UN mec qui m’a demande du fric. Ici, c’est 20 fois par jour tous les jours. Mais je ne peux pas, Ruth et Rebecca le prendrait mal je pense. Je me dis que je suis conne de m’en soucier. Je pourrais passer 21 jours a nager dans le lac, si j’etais un peu moins egoiste.

Samedi :

Rien a faire. Ennui mortel. Deprime. Je veux rentrer.

Dimanche :

Homesick. Envie de rentrer. De marcher dans la rue et que personne ne me parle ou me regarde. De manger autre chose que de l’ugali avec du chou. (Hier j’ai eu mon premier haut-le-coeur. Pensez-vous que l’on puisse mourir d’une overdose d’ugali et de chou ?) De manger des crepes au chocolat. Des frites de la friterie, des pates bolo, des baguettes et petits pains au choco. Envie de me prelasser dans un bain, meme si pour la planete ce n’est pas bien. De passer des heures au telephone avec mes copines. De pouvoir trainer sur internet sans surveiller l’heure ni calculer combien ca va me couter. De regarder des series, des films, et meme plus belle la vie, tiens. D’aller au cine. D’ecouter ma musique. De dormir dans mon lit. De faire une grasse mat’ sans etre reveillee par un con qui frappe a ma fenetre a 6h du mat pour acheter des mandazis. De m’endormir sans ronflements ni radio. De jouer de la guitare. De chanter dans mon bain. De conduire ma petite clio. D’aller ou j’ai envie quand j’ai envie sans qu’on me demande avec qui j’y vais ou qu’on me dise que c’est trop loin. De comprendre les conversations a table.

Heureusement, Salome me donne mon courier : une petite carte postale de Damien, et une autre d’Anne (“each time you masturbate, God kills a kitten”), les deux super droles. Ca me redonne le sourire. (Merci !!! J).

Les gens sont vraiment des malades ici :

1/ Mec bavard seminaire qui commence par me supplier de bien vouloir coucher avec lui, et m’envoie des textos du style “you are a precious friend”. Non mais mec, je suis pas ton amie !

2/ Le guide, qui depuis que je suis rentree a Luanda me dit qu’il ne va plus se baigner dans le lac parce que ca le fait trop penser a moi (heureusement il se lave quand meme, mais chez lui).

3/ “gars relou” (c’est comme ca qu’il est enregistre dans mon portable. Je lui avais file mon numero en fevrier, quand je me disais que ce serait pas mal de me faire des amis ici, avant de comprendre que ce n’etait pas possible d’avoir des amis ici) que je n’ai jamais revu depuis la fois ou je l’ai rencontre au cyber (il avait pourtant l’air normal), m’envoit un texto en francais. J’espere qu’il a utilise google translate et qu’il n’a pas passé trois mois a apprendre le francais pour m’envoyer son texto. Le gars qui ne lache pas l’affaire quoi.

4/ Le prof de francais (que je contacte uniquement quand j’ai envie d’emprunter des livres en francais ou de taper un texte gratos sur les ordis de sa salle de classe) m’envoie un texto pour me dire que je lui manqué. Non mais je reve. Le mec, je l’ai vu deux fois quoi. Non mais franchement, les gens sont barges ici, ca fait peur !

Huit pages word de lecture, les amis ! ;p

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Catherine 04/04/2016 19:06

Bonjour manon,
Jespere que tu es toujours active sur ton blog pour que tu puisses me repondre. J'habite actuellement au kenya et j'aimerai aller sur l'ile dans deux semaines, as tu toujours le contact de ce guide? Ou d'utres infos? Merci beaucoup!

Marou 18/06/2014 16:00

Oui bah j'ai tout lu! (Je me fais vraiment trop chier et en plus j'ai encore trop ri )
Il faut que je me force à arrêter pour enfin me mettre au travail (et en garder un peu pour ce soir) (oui moi aussi je suis dingue).